12   11   10   9   8   7   6   5   4   3   2   1   Playlist 
12. ROC MARCIANO -
ROSEBUDD'S REVENGE

OK, Roc Marciano c'est un peu toujours la même soupe... mais elle est très bonne.

Rosebudd's Revenge est dans la lignée de ses précédents albums, du rap qui pue New-York, des drums bien crasseux, des samples à l'ancienne et des histoires de gangster, c'est du vu et revu mais toujours très bien fait.
On n'atteint pas le niveau de Marcberg et Reloaded mais ça reste un projet de qualité.

On a son classique Marcberg en vinyle sur le shop ici.

11. THE DOPPELGANGAZ -
DOPP HOPP
Encore un excellent album des Doppelgangaz, franchement à chaque fois je suis impressionné par leur production et je ne comprends pas que d'autres MC ne fassent pas appel à eux.

Tout l'album est lourd, pas grand chose à reprocher à part que je ne vois plus vraiment de progression, c'est un peu toujours la même chose, niveau flow / lyrics / concept on tourne un peu en rond mais ça fait aussi le charme de leur rap, deux potes qui font juste de la bonne musique sans se prendre la tête.

Pour les fans du duo, on a leur classique Lone Shark en vinyle sur le shop ici.
10. MC EIHT -
WHICH WAY IZ WEST

Je t'avoue que quand j'ai vu que DJ Premier ne produisait que 3 tracks (t'inquiète pas il scratch comme un petit fou sur tout l'album !) j'étais un peu déçu, au final Brenk Sinatra fait le taff et nous rappelle même Primo sur certains morceaux comme le banger Compton Zoo.

La légende MC Eiht finit sa carrière en beauté avec un album Gangsta Rap traditionnel mais très bien produit et rempli de bangers, un des meilleurs projets récents d'une légende du Golden Age.

9. DRAKE -
MORE LIFE

Avec cette "playlist", Drake a peut-être trouvé le format qui allait le mieux à sa musique. Il a cherché en vain son classique avec le pétard mouillé VIEWS, sorti quelques mois après, More Life n'a pas le même poids sur les épaules et permet à Drake de s'amuser avec les différents styles qu'il maîtrise à la perfection, ça donne un album éclectique avec à peu près tout ce qu'on aime chez Drake : du banger, de la punchline Twitter, des grosses instrus, des morceaux pop, des sons pour danser, des refrains efficaces...

Ne cherchez pas une quelconque cohérence ou un album conceptuel à la Kendrick, la musique de Drake n'a clairement pas la même profondeur mais elle reste très efficace et va squatter un paquet de nos playlists cette année.

VIEWS, If You're Reading This It's Too Late et Take Care sont à chopper en vinyle sur le shop.

8. BROTHER ALI -
ALL THE BEAUTY IN THIS WHOLE LIFE

Quel plaisir de retrouver Brother Ali, toujours animé par cette même flamme au mic, son aura lumineuse et sa plume intelligente nous ont manqué.

Tantôt sage, tantôt subversif, si personnel et pourtant si empathique, une humanité et une générosité se dégage de ce rappeur qui est passé par des obstacles que la plupart d'entres nous n'ont pas eu à franchir.

Si on regrette que la musique d'Ant ne soit pas toujours au niveau de la rhétorique, la poésie de Brother Ali est une inspiration pour tous ceux qui ont le courage de tendre l'oreille, pour les autres, il y a l'album de DJ Khaled !

L'album est à chopper sur le shop ici, la cover envoie du lourd en vinyle.
On a aussi le classique de Brother Ali, The Undisputed Truth, en version collector, à se procurer d'urgence ici.

7. TUXEDO -
TUXEDO II

Ces deux mecs m'ont régalé, ils ont squatté toutes mes soirées cette année !

Aussi lourd que le volume one, Jake One et Mayer Hawthorne sont de retour avec 11 petites bombes funky.
Les lignes de basses sont contagieuses et les synthés bien ringards, sors ton costume le plus kitsch, envoie les chaussures en cuir verni et prépare la boule à facettes, retour dans les années 80 !

6. STORMZY -
GANG SIGNS & PRAYER

J'ai découvert très en retard le Grime Rap anglais avec Konnichiwa de Skepta qui a en quelque sorte remis le genre sous le feu des projecteurs (avec l'aide de Drake).

3 projets m'ont particulièrement marqué ces derniers mois : Konnichiwa bien sûr, Godfather de Wiley qui m'a mis une claque à la 1ère écoute puis dont je me suis vite lassé et enfin Gang Signs & Prayer de Stormzy, qui est un des albums que j'ai le plus écouté cette année.

Moins brutal et plus équilibré que Godfather, Gang Signs & Prayers enchaîne avec brio les bangers typiquement Grime et les passages gospel plus mélodiques qui donnent une atmosphère particulière à ce 1er album très réussi de Stormz. J'ai eu la chance de voir le gars en live et c'est un monstre au mic !

5. VINCE STAPLES -
BIG FISH THEORY

C'est paradoxal, j'ai comme tout le monde trouvé l'album très expérimental, dans le bon sens du terme, mais je ne peux pas dire que j'ai été surpris.

J'ai lu à droite à gauche des comparaisons douteuses avec Yeezus... ceux qui suivent le gars savent qu'il fait ça depuis un petit moment, il a toujours eu un son bien à lui, l'intro de Prima Donna me grille toujours autant les neurones ! Et qu'il lorgne un peu plus du côté de l'electro, c'est finalement assez logique quand on a écouté ses dernières collaborations (Flume, Gorillaz...).

Il n'empêche qu'on retrouve la patte Vince Staples, cet univers brutalement honnête et désenchanté, un pessimisme rendu cool par l'ironie et la nonchalance du personnage, tu te retrouves dans une soirée bizarre qui te fait danser malgré ta dépression chronique.

4. KENDRICK LAMAR -
DAMN.

King Kendrick en 4 ???!! Je vais me faire insulter...
Désolé pour les fans de DAMN. mais il y a bien 3 albums que j'ai préférés cette année. Ça ne veut pas dire que j'ai trouvé l'album mauvais, au contraire, vous avez lu ma chronique. 

Kendrick, le MC, est au sommet de son art, l'écouter rapper aujourd'hui est juste bluffant, il fait ce qu'il veut avec son flow et sa voix, ses prouesses lyricales n'ont quasiment pas d'égal et cet album est encore une toile spectaculaire.

Ma réserve est sur le plan musical : DAMN. est un pas en arrière après l'ovni To Pimp A Butterfly.
LOYALTY. et LOVE. sont à classer parmi ses plus mauvaises chansons mais ne sont pas vraiment des mauvaises chansons dans l'absolu, juste dans le référentiel Kendrick Lamar ! Les nombreux moments forts de l'album éclipsent cependant facilement ces petits ratés et font clairement partie des meilleurs morceaux de l'année.

Il nous reste quelques vinyles de l'album dédicacé, c'est à chopper sur le shop ici.

3. JONWAYNE -
RAP ALBUM TWO

Jonwayne n'a clairement pas la dégaine du rappeur type, il s'en amuse d'ailleurs dans le freestyle/sketch, "Live From The Fuck You".
Sa musique n'a elle non plus rien à voir avec les standards du rapgame, ici pas de lignes de basses musclées, pas de 808 sous coke, pas de bling bling et pas d'égotrip, le rappeur va même jusqu'à saboter son "single", il n'en a que faire de la structure classique des morceaux, certains n'ont pas de refrain, certains durent 1 minute 30, d'autres 7 minutes, peu importe, le véritable art n'est pas formaté.

Jonwayne nous livre un album très personnel qui revient sur sa traversée du désert après son premier album, une phase de sa vie durant laquelle il a sombré dans l'alcool et la dépression.

Sa voix rocailleuse semble porter le poids des années alors qu'il n'en a que 27, sa musique est mélancolique mais lumineuse, sombre mais brillante, ambitieuse dans sa structure, intimiste dans ses sonorités, Rap Album Two est un moment rare, celui où l'artiste arrive enfin à mettre son âme dans sa musique.

1. EX AEQUO : J.I.D. -
THE NEVER STORY

Ouai désolé, je n'ai pas réussi à départager les deux premiers albums, deux pépites, dans des styles bien différents, passées un peu inaperçues.

The Never Story est la naissance d'un futur grand : J.I.D.

Une voix singulière, presque féminine, un flow imprévisible qui nous rappelle un certain Kendrick Lamar, une dextérité lyricale bien supérieure aux rappeurs de sa génération et une maturité musicale impressionnante.

Si on se demandait qui était ce jeune rappeur que venait de signer J. Cole, The Never Story nous donne une réponse claire : il n'est pas que le futur de Dreamville, il est déjà un artiste accompli.

On regardera probablement ce 1er projet avec nostalgie dans quelques années quand J.I.D. aura explosé, à la manière de Section 80, Acid Rap ou Habits & Contradictions.

1. EX AEQUO : GOLDLINK -
AT WHAT COST

At What Cost a quelque chose de générationnel. 

Les majors ne font plus la loi, les artistes explosent grâce à Internet et des plateformes comme Youtube et Soundcloud.
Les sonorités se sont mélangées, le Sud a envahit le rap depuis l'avènement de la trap, le G-Funk de la côte Ouest ne survit plus que dans le micro de YG, le son new-yorkais est devenu minoritaire, Chicago fait du gospel, quoi de plus logique qu'un rappeur de DC pour synthétiser le son de la nouvelle génération ?

Goldlink a digéré toutes ces influences et en ressort le meilleur à travers son "Future Bounce".
Construit en partie par des "Soundcloud Producers" comme KAYTRANADA, le Future Bounce empreinte au rap, à l'electro, au RnB, à la trap et au Gospel pour un rendu éclectique et pourtant très cohérent, moderne, frais et entraînant, à l'image d'un des bangers de l'année : Crew.

Ne cherchez pas l'album de l'été, il est déjà sorti depuis mars !

Retour aux news

FacebookTwitterShare