KENDRICK LAMAR - DAMN. [CHRONIQUE]

KENDRICK LAMAR – DAMN. [CHRONIQUE]

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DAMN.Note

DAMN.

Kendrick est cette fois au centre de la toile : son sang, son ADN et ses pêchés comme miroirs de notre société, il rêve d’être immortel comme 2Pac et seul son art le sauvera de la damnation.


Sortie : 14 avril 2017

TOP TRACK : FEEL.

Non loin des buildings de la Section 8, un Kendrick Lamar juvénile se posait en observateur de sa génération A.D.H.D sous les traits de Tammy and Keisha.
Il nous a ensuite embarqués avec ses homies dans le van de sa mère pour un storytelling grandeur nature retraçant brillamment ses jeunes années dans la violence de Compton.
Fort de son nouveau statut de « sauveur » du rap, Kendrick a pris tout le monde à contre-pied avec le déstabilisant To Pimp A Butterfly, une expérimentation jazz/funk profondément ancrée dans l’héritage musical noir américain, une composition aussi complexe que la métamorphose de la chenille en papillon, allégorie qui sert de fil conducteur à un album dont l’ambition est de parler à toute une communauté, avec comme point d’orgue l’hymne contestataire Alright.

Comment rebondir après un tel chef d’œuvre ? Comment rebondir après 3 classiques ?
La pochette agressive, presque moche, les titres composés d’un seul mot en gras et le premier uppercut HUMBLE. nous ont rapidement donné quelques éléments de réponse : Kendrick a choisi une approche beaucoup plus directe et urgente. Que ce soit musicalement ou lyricalement, cet album sonne comme un retour au RAP, Cornrow Kenny devient Kung Fu Kenny, il se libère du superflu, plus de métaphore pour analyser la société, Kendrick se recentre sur Kendrick et les éléments essentiels qui font de lui ce qu’il est aujourd’hui.

Une introspection spirituelle et parfois divine qui va débuter dans une ambiance Tarantinesque, d’un ton solennel Kendrick nous raconte une anecdote dans laquelle il se fait tuer par une vieille femme aveugle qu’il tente d’aider, introduisant les idées de dualité et de damnation :

Is it wickedness?
Is it weakness?
You decide
Are we gonna live or die?

Des thèmes fondamentaux que l’on retrouve dans le paradoxe entre les différentes chansons :
Pride / Humble, Lust / Love, God / Duckworth
L’intro se termine avec le journaliste Geraldo Rivera sortant de son context une ligne d’Alright :

And we hate the popo, wanna kill us in the street fo’ sho’…
Oh please, ugh, I don’t like it.

C’est donc un Kendrick très énervé qui lance l’album en trombe avec l’énorme DNA. Sur une prod lourde et minimaliste de Mike Will Made-It, qui a clairement posé sa griffe sur l’album, Kendrick défend avec rage son héritage génétique et culturel face à ceux qui l’oppressent, la 2ème partie introduite par une autre citation de Fox News est encore plus dépouillée et abrasive, Kendrick se déchaine autour d’un sample chaotique « Gimme some ganja » nous rappelant les meilleures heures de NWA ou encore le très puissant One Blood de The Game.
Deux artistes qui font évidemment partie de son ADN, tout comme le vice, la violence ou la souffrance qu’il a dans son sang comme un héritage mais qui reflètent aussi le monde dans lequel il vit :

I got royalty, got loyalty inside my DNA
Cocaine quarter piece, got war and peace inside my DNA
I got power, poison, pain, and joy inside my DNA.

Une rage que l’on aurait aimé retrouver plus souvent sur l’album et qui refait surface sur le surprenant XXX. On ne va pas se mentir, on a tous eu peur du featuring de U2, au final c’est un des meilleurs morceaux de l’album, DJ Dahi, Sounwave et Mike Will Made-It nous ressortent les platines juvéniles de Dr. Dre avec des scratches abruptes et des sirènes de police, Kendrick est en roue libre après une partie plus minimaliste, ses variations de flow son toujours aussi impressionnantes, il rap comme s’il allait mourir demain, la dernière partie plus tamisée emmenée par un excellent refrain de Bono apporte encore plus de profondeur au morceau et prend un virage plus engagé :

Hail Mary, Jesus and Joseph
The great American flag
Is wrapped and dragged with explosives
Compulsive disorder, sons and daughters
Barricaded blocks and borders
Look what you taught us!
It’s murder on my street, your street, back streets
Wall Street, corporate offices
Banks, employees, and bosses with
Homicidal thoughts; Donald Trump’s in office
We lost Barack and promised to never doubt him again
But is America honest, or do we bask in sin?
Pass the gin, I mix it with American blood
Then bash him in, you Crippin’ or you married to blood?
I’ll ask again—oops—accident
It’s nasty when you set us up
Then roll the dice, then bet us up
You overnight the big rifles, then tell Fox to be scared of us
Gang members or terrorists, et cetera, et cetera
America’s reflections of me, that’s what a mirror does

Sounwave et DJ Dahi éteignent le feu du début d’album avec le nonchalant YAH., introduit par un tag vintage de DJ Capri qui fera plaisir aux hip-hop heads. Un morceau qui nous rappelle Section 80, tant dans le flow chantonné que dans le beat qui ne brille pas de prime abord mais que l’on apprécie de plus en plus au fil des écoutes. Kendrick est entouré par la tentation, les pêchés et supplie « Yah » (Yahweh) de l’aider à résister.
Kendrick est humain, il n’est pas parfait, sa vie de star l’a mis face à l’argent facile, la superficialité ou encore la luxure, une danse avec le diable décrite dans l’excellent Lust produit par BADBADNOTGOOD, DJ Dahi et Sounwave.
« I Need some water » pour se purifier, le quotidien de superstar du rap n’est pas si glamour que ça, on se reconnaît aisément dans cette routine grisâtre dans laquelle nous a enfermés la société moderne. A l’image de YAH., la boucle sombre et monotone n’interpelle pas forcément mais prend tout son sens lorsqu’on se penche sur les lyrics, elle passe d’un écouteur à l’autre tel un cercle vicieux, le pitch de la voix de Kendrick, tantôt aiguë tantôt grave sur « Let me put the head in » représente les appels du diable, souvent dessiné sous les traits d’une femme séduisante, un cycle infernal jonché de tentations faciles qui ressemble à une forme d’addiction menant souvent à la dépression.
Une dépression qu’il nous a précédemment décrite dans « U » sur To Pimp A Butterfly et sur laquelle il revient dans le meilleur morceau de l’album : le vital FEEL.
La prod mélancolique de Sounwave sublime un texte d’une sincérité rare, à l’image d’Eminem sur « If I Had », Kendrick débute toutes ses phrases par « I feel », simplifiant volontairement la rhétorique pour focaliser toute notre attention sur les sentiments négatifs qui s’entrechoquent dans sa tête, la dernière partie de la chanson est boulversante tant dans le flow que les lyrics :

Fuck your feelings, I mean this for imposters
I can feel it, the phoenix sure to watch us
I can feel it, the dream is more than process
I can put a regime that forms a Loch Ness
I can feel it, the scream that haunts our logic
I feel like say somethin’, I feel like take somethin’
I feel like skatin’ off, I feel like waitin’ for ’em
Maybe it’s too late for ’em
I feel like the whole world want me to pray for ’em
But who the fuck prayin’ for me?

Ce n’est pas la 1ère fois que la musique de Kendrick m’envoie des vibes d’ATLiens, pas si étonnant que ça, le mec est un grand fan d’André 3000.

Le très efficace 1er single HUMBLE., produit encore par Mike Will Made-It, trouve un second souffle dans le contexte de l’album, il complète le son PRIDE., volontairement plus lisse musicalement, donnant un contraste assez saisissant entre les titres et les contenus en totale contradiction. Comme dit en intro, HUMBLE. sonne aussi comme le retour de Kendrick à un rap plus direct et moins réfléchi. Musicalement Mike Will Made-It nous a concocté une prod à l’ancienne basée sur une boucle de piano surpuissante qui nous rapellera le son West Coast des années 2000, l’occasion pour Kendrick de lâcher quelques punchlines de gamin en réponse à Big Sean :

Hol’ up, hol’ up, hol’ up, hol’ up bitch, sit down
Lil’ bitch, hol’ up, lil’ bitch be humble !

Kung Fu Kenny se prend clairement moins la tête que sur ses précédents albums et prend simplement du plaisir à rapper. C’est d’ailleurs le projet de Kendrick dans lequel on peut kiffer le plus de chansons hors du contexte de l’album, pour le meilleur et pour le pire.

ELEMENT. est un autre exemple réussi de morceau très efficace. Très moderne et traditionnel dans sa forme, ce tube en puissance dévoilé en avant-première par Lebron James a des airs des meilleurs morceaux rappés de Drake, Kendrick enchaîne les quotables et attaques contre ces rivaux :

« What happens on Earth stays on Earth »
« I don’t do it for the ‘Gram, I do it for Compton »
« Last LP I tried to lift the black artists
But it’s a difference between black artists and wack artists »
ou encore :
« If I gotta slap a pussy-ass nigga, I’ma make it look sexy »
qui va certainement finir sur un t-shirt.
James Blake continue de m’impressionner à la prod après ses coups d’éclats sur Prima Donna de Vince Staples.

Ce côté plus accessible que je décris comme une qualité est en fait ce qui me dérange le plus sur cet album. Sur TPAB et même sur GKMC, il est vraiment difficile de kiffer la majorité des chansons en dehors du contexte de l’album, quelques singles évidents sont présents sur GKMC et seulement King Kunta et Alright sur TPAB, Kendrick a toujours pensé ses albums comme un tout et non comme la somme de ses parties et c’est ce qui les rend si spéciaux, il se coupe complètement du monde lorsqu’il enregistre afin de pouvoir exprimer sa créativité sans barrières et surtout sans influence. Dans cet album, Kendrick est beaucoup plus à l’écoute du monde extérieur, il prend la peine de répondre à Rivera et Big Sean, j’ai aussi eu l’impression qu’il cherchait à plaire à un plus grand nombre et, dans une moindre mesure, à passer en radio en se dirigeant vers quelque chose d’un peu plus facile musicalement.

Le morceau avec Rihanna est une déception, après l’excellent Anti, j’attendais une belle surprise de ce duo, la prod est plate, le sample déformé de Bruno Mars n’a rien d’exceptionnel, il manque une bonne ligne de basse, le refrain à l’autotune fait penser à une pâle copie de Travi$ $cott et les lyrics sont beaucoup moins intéressantes que sur les autres morceaux, finalement la meilleure chose sur ce son c’est le couplet de Rihanna.

L’autre raté qui sonne vraiment très pop et commercial c’est LOVE. avec le chanteur Zacari (que l’on a pourtant croisé sur l’excellent What’s Wrong de The Sun’s Tirade), un son que je zappe à chaque écoute, je me suis d’ailleurs demandé si Kendrick avait déjà fait un morceau aussi mauvais ? Poetic Justice ? Même pas…

On passera rapidement sur le décevant GOD., le titre et l’armada de producteurs (Sounwave, DJ Dahi, Cardo, Top Dawg & Yung Exclusive…) ne pouvaient annoncer que du très lourd, c’est un pétard mouillé et une de ces expérimentations vocales douteuses de Kendrick (U ?).

Finalement, malgré cette dream team à la production, l’ensemble est très bien produit mais je ne peux pas te dire que j’ai trouvé de beat particulièrement exceptionnel ou original ou que j’ai été vraiment bousculé musicalement, on est beaucoup sur de la 808 et des hi-hats, ce que tous les producteurs font en ce moment, on est loin de l’expérimental To Pimp A Butterfly et beaucoup plus proche d’une suite de Section 80 et GKMC.

Kendrick a clairement reculé d’un pas musicalement, To Pimp A Butterfly sonnant comme un OVNI dans sa disco, malgré tout, même quand il fait du rap plus « classique », Kendrick est meilleur que tout le monde, son « free flow » semble de plus en plus maîtrisé, il avait parfois des problèmes de rythme à ses débuts mais sur cet album il change constamment de vitesse, d’intensité, de tonalité, de mélodie, de voix, de pitch… et tout ça toujours parfaitement en rythme et surtout en cohérence avec les lyrics. Son flow n’a pas qu’une dimension rythmique ou mélodique comme chez la plupart des rappeurs, c’est presque une entité vivante à part entière qui se nourrit des lyrics pour mieux souligner leur sens.

Des lyrics toujours aussi poétiques, urgentes et vitales, l’extrême sincérité de Kendrick face à son miroir est aussi ce qui le différencie des autres qu’il accuse souvent d’être « fake » et quand on écoute des chansons comme FEAR., on ne peut que donner raison à Roc Marciano : « the realest shit I ever heard ».
Kendrick revient sur 3 périodes de sa vie, à 7, 17 puis 27 ans durant lesquelles il a ressenti une intense peur, de la terreur, d’abord celle d’un enfant battu, puis celle d’un adolescent face à la violence des gangs et enfin la peur de tout perdre, son succès, son argent et sa tête, un texte d’une sincérité bouleversante qui nous rappelle encore un certain Eminem, très loin des égotrips et de la testostérone du reste du game.

Comme son aîné, Kendrick est aussi particulièrement doué dans l’art du storytelling et il termine son album en beauté sur 3 prods de 9th Wonder.
DUCKWORTH. de son vrai nom nous révèle l’histoire fondamentale de la rencontre entre Top Dawg et son père il y a quelques années, le premier aurait pu tuer le second si le père de Kendrick, travaillant alors chez KFC, ne lui avait pas offert des chickens, comme quoi, sans quelques tenders, le meilleur rappeur de la nouvelle génération aurait été… Drake !!! Dur… La boucle est bouclée, retour à BLOOD.

Kendrick Lamar n’est pas qu’un simple rappeur, il approche ses albums comme des poèmes, pas comme une addition de chansons, des toiles riches et cohérentes qui ne dévoilent toutes leur couleurs qu’après de nombreuses écoutes.
DAMN. est pourtant plus direct que ses prédécesseurs, Kendrick est cette fois au centre de la toile : son sang, son ADN et ses pêchés comme miroirs de notre société, il rêve d’être immortel comme 2Pac et seul son art le sauvera de la damnation :

I’m talkin’ fear, fear of losin’ creativity
I’m talkin’ fear, fear of missin’ out on you and me
I’m talkin’ fear, fear of losin’ loyalty from pride
‘Cause my DNA won’t let me involve in the light of God
I’m talkin’ fear, fear that my humbleness is gone
I’m talkin’ fear, fear that love ain’t livin’ here no more
I’m talkin’ fear, fear that it’s wickedness or weakness
Fear, whatever it is, both is distinctive
Fear, what happens on Earth stays on Earth
And I can’t take these feelings with me
So hopefully they disperse
Within fourteen tracks, carried out over wax
Searchin’ for resolutions until somebody get back
Fear, what happens on Earth stays on Earth
And I can’t take these feelings with me
So hopefully they disperse
Within fourteen tracks, carried out over wax
Wonderin’ if I’m livin’ through fear or livin’ through rap

P.S. : Alors, qu’est-ce que tu as pensé de l’album après plusieurs écoutes ?
Comment tu le classes dans la disco de Kendrick ?

Pour moi :
1. Section 80
2. good kid, m.A.A.d city
3. To Pimp A Butterfly
4. DAMN.

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  • Glenn Brbdtt

    Superbe chronique et je suis presque d’accord sur tout ! (moi j’adore Poetic Justice). J’écoute l’album en boucle mais c’est vrai qu’au fond il manque un peu de « personnalité » et certains titres sont vraiment en dessous de ce qu’il est capable de proposer, comme LOVE. qui est clairement nul. Le titre avec Rihanna passe encore je trouve.
    On ressent pas trop la « touche TDE » sur l’album dans son ensemble.. en fait ça me fait un peu penser à The life of Pablo de Kanye, un concentré de tout ce que l’artiste sait faire mais au final ça manque de surprise et de cohérence, par rapport à leurs précédents skeuds. Et pour faire un album classique il faut un album cohérent pour moi.
    Par contre je me suis aussi dit que il y avait une grosse influence ATLiens sur certains sons, ça fait plaisir de lire ça !
    Note perso : 16/20
    Best track : ELEMENT.
    1- Good kid maad city
    2 – Section 80
    3 – To pimp a butterfly
    4 – Damn

  • Julian SWC

    J’attendais cette chronique, j’en ai lu pas mal en anglais mais grâce à celle là il y a certaines subtilités de l’album que je comprend mieux et qui va me permettre d’encore mieux apprécier l’album !

    Après une écoute intensive depuis 1 semaine je pense que ca reste un très bon album même si en dessous de ses 2 précédents classique. Mais après un To Pimp A Butterfly que j’adore et que j’écoute encore régulièrement, j’imaginais Kendrick Lamar revenir avec un album plus direct et plus classique Hip Hop dans la forme donc je suis pas trop surprit du résultat final. J’attendais énormément de l’apport de DJ Dahi qui est surement mon prodo préféré de ces dernières années et finalement je suis un peu déçu, il a pas autant marqué et réussi sur cet album qu’un Summertime 06.

    Je voit un peu partout que les retours ne sont pas autant unanime que pour GKMC et TPAB, après 2 albums parfait les fans de Hip Hop idéalisaient un peu trop Kendrick Lamar en lui collant l’étiquette de « sauveur du rap », et je suis d’accord qu’avec Damn Kung Fu Kenny montre un visage plus humain et dévoile des faiblesses. J’aurais adoré que la rumeur du double album se concrétise mais le concept de Damn est déjà suffisamment assez complexe comme ça.

    On retrouve quand même à certains moments l’ambition artistique de TPAB comme avec Pride dont le mixage est assez hallucinant ! Il rap même mieux globalement que sur ses précédents albums, il nous a évité de nous imposé une nouvelle fois les expérimentations vocales bizarres qu’on retrouvait des fois sur TPAB et UU. Par contre va falloir qu’il arrête avec les multiples changement de beats dans un même morceau, sur des sons comme These Walls et U c’était très réussi mais sur XXX ou Duckworth c’est trop et ca en devient brouillon.

    Ma track préféré : Lust, le genre de son vaporeux qu’il est le seul a réussir aussi bien ! Ceux que j’aime moins : Love qui est tout simplement raté et God qui est pas non plus une grande réussite, surtout quand on voit la dream team à la production.

    Mon classement de sa disco :
    1. To Pimp A Butterfly 20/20
    2. Good Kid Maad City 19/20
    3. Damn 17/20
    4. Section 80 16/20

  • Rtbp_Fm_Gd

    A part FEEL et HUMBLE, je n’ai pas accroché du tout à l’album. Pour moi il y a un manque flagrant de musicalité, de mélodies. Déçu aussi par le flow de Kendrick, que je préfère plus lent à l’image de GKMC. Je le trouve aussi trop poussif, il parle trop fort et trop haut. Il suffit d’écouter la 2ème partie de DNA pour se rendre compte que l’instru aurait été beaucoup plus adaptée à Run The Jewels qu’à Kendrick.

    Bref, pour moi et de très loin : GKMC et Section.80 devant TPAB et DAMN.

  • Vince

    TPAB 1er de loin, si on parle de recherche musical, prise de risque ect sans commune mesure avec le reste de sa disco. Les autres albums 2 eme ex eaquo ^^ trop dur de classer. De toute facon c’est débile les classements, un jour je vais préférer un puis le lendemain l’autre tout dépend de l’humeur et du moment.

    Damn est très bon, Lust sans doute ma track préféré vraiment ouf le beat , le refrain j’adore. Pas trop loin Duckworth. Le reste j’en passes aucune tout s’écoute. Le fait qu’il ai essayer de faire un tube avec Rihanna ne me dérange pas surtout que le beat est pas degueulasse c’est pas non plus un « Love the way you lie » faut pas exagérer. Même Love franchement je l’écoute sans mal. Xxx est finalement bien violente comme il faut , Humble-DNA et Element sont celle qui font le plus « rap du moment » mais il le fait bien et surtout mieux que le 3/4 du Game actuel (la 2 eme partie de DNA WTF). Feel est cool lyricalement mais je trouve qu’il manque qqchose a l’instru comparé aux autres production. L’album de l’année c’est encore trop tôt pour le dire mais il sera dans les top c’est sur ! Classique j’en sais rien de toute façon ça veut plus rien dire et ça se dit surtout sur le temps.

    Pour les comparaison faut arrêter avec Drake. Kendrick est meilleur a tout les niveau, Drake a aucun classique , 2-3 banger de temps en temps pas plus. J’aime bien au demeurant mais jamais j’oserais comparer les deux. Eminem (des débuts) c’est déjà mieux ^^.

    Pour finir quel artiste rap a réussi a sortir 4 albums au moins bon (voir excellent) a la suite ? Personne je crois bien. Même Eminem a partir de Encore c’est déjà devenu moins bien… C’est quand même énorme. Faut profiter du King.

  • Yann Burberry

    Après 2 écoutes de l’album je trouve cette album super complet chaque musique apporte son thème et nous permet de mieux cerner la vision de Kendrick sur notre monde et la place que la religion à dans sa vie . Je n’arrives pas à accrocher au feat avec U2 . Sinon j’accroche à tout les sons de l’album particulièrement .

    SECTION.80 , DAMN. , GKMC , TPAB

  • The Dream

    Un nouveau classique je pense, jamais un album de Kendrick n’a été aussi attendue. Je suis à peut près d’accord avec toi en tout point, mais pour moi les meilleurs tracks sont DNA, ELEMENT, XXX, FEAR et PRIDE.
    Mon top:
    1)GKMC, juste indétronable, mon album préféré tout genre toute époque confondue, le storytelling à son paroxysme, tout les sons sont des chefs-d’oeuvres (sauf Real et peut-être Poetic Justice)
    2)TPAB, pour le parti pris
    3)DAMN
    4)O.D., je le met mm si c’est pas un album, pcq c’est quand même extraordinaire
    5)Section80., très bon album mais pour moi en dessous du reste, j’aimerais comprendre pourquoi tout le monde l’a mis au dessus de TPAB. Pour moi il est trop inégal

    • Perso sur Section 80 y’a un paquet de mes sons préférés de Kendrick : Fuck Your Ethnicity, Hol’ Up, A.D.H.D., Chapter 6, Rigamortus, Blow My High, HiiiiPower… Je kiffe le côté jazzy et planant et ça sonne très TDE je trouve, c’est plus intimiste, plus authentique, moins blockbuster que les suivants, j’ai le même ressenti pour Habits & Contradictions et Control System d’ailleurs, je trouve qu’on entend moins la patte TDE après, y’a certainement un peu de nostalgie aussi, j’ai l’impression que cet album représente une époque et une période de ma vie, c’est très subjectif, mais en gros les 3 premiers Kendrick c’est kif kif, 3 classiques très différents, après c’est forcément du subjectif

  • ShunKyo

    Pourquoi mon commentaire sur l’album a été effacé ?

  • Bast

    Très belle chronique!! J’ai pu la lire que récemment elle passe toute seule c’est vraiment bien écrit et décrit!
    Je trouve que cet album est vraiment une réussite. Côté efficacité, la 2nd partie de DNA, Humble et Element sont vraiment énormes (même si la prod d’Element est trop proche de 0 to 100 de Drake je trouve, le switch est dingue). Ces 2 morceaux finiront dans les plus gros sons de l’année. J’ai changé de favorite track 10 fois mais la meilleure reste FEEL pour moi, ce morceau est d’une puissance rare.

    C’est tellement varié au niveau des ambiances, émotions, productions, sujets, flows, voix… on a rarement vu un rappeur aussi loin de la concurrence. Ce qui m’impressionne le plus c’est cette faculté à sortir des sons et projets qui prennent du relief et révèlent toute leur substance avec le temps, ça en dit long sur la profondeur et la réflexion du taf artistique produit. Cet album est trop dense. Y’a trop de trucs qui se passent, qui sont transmis, racontés, suggérés, même à décoder… Qd on s’imprègne et qu’on digère les lyrics, et si on se concentre sur son rap et la façon dont il s’exprime, la construction de ses phrases, rimes, les multiples sens que ça prend avec ses 37 flows et voix différents.. c’est vraiment très fort. Et puis cette sincérité, cette vérité ce rap sans aucun filtres. Dans le rap game, niveau sensations ressenties et endroits différents ou le mec t’amène au fils des écoutes il reste à part.

    A la différence de toi j’apprécie GOD. Normalement pas trop ma came je crois que c’est le seul à pouvoir me faire kiffer ce genre de son si inclus dans un projet. Qd FEAR fini et enchaine sur GOD, je suis accroché direct, je peux rien y faire. Je trouve l’instru très réussie maintenant.
    Je pourrais écouter l’album en boucle plusieurs fois sans aucun problèmes et sans sauter de morceaux. Mais il m’a fallu 2 ou 3 écoutes pour vraiment commencer à l’apprécier réellement. Je l’ai « juste » trouvé très solide au début. J’ai dû l’écouter 20 fois depuis et je ne m’en lasse toujours pas. J’arrive encore à capter des subtilités auxquelles j’avais pas pensé.
    Personnellement et après d’innombrables écoutes, je trouve qu’il mérite un 18. LOVE dénote un peu je suis d’accord et le côté un peu trop commercial et moins risqué artistiquement que le précédent peut gêner. Mais en le comparant aux autres albums de kendrick. Après soyons sérieux, si on le compare avec la concurrence au moment où l’on parle, il reste intouchable.
    Perso je trouve Section 80 très bon mais je ne le considère pas du tout comme un classique, même si la tentation est grande de lui attribuer une disco parfaite. Un peu tôt pour le dire, mais pour moi il est officiellement rentré dans le cercle très réduit des rappeurs aux 3 classiques d’affilée mais avec la manière, il reste le seul avec autant de prise de risque, de courage artistique et de différences entres les projets, respect.

    Niveau classement, dur… J’aurais mis TPAB en 1er pour tout ce que cet album représente mais j’ai eu la chance de le voir en live l’an dernier avec un jazz band c’était probablement un des meilleurs live que j’ai jamais vu (et j’en ai vu un paquet!) mais je vais pas vous mentir, quand les gros classiques de GKMC sont arrivés le stade a failli s’effondrer ça m’a rendu complètement dingue donc même si GKMC n’est pas aussi impressionnant et puissant que TPAB, en terme de pur plaisir à l’écoute j’avoue qu’il reste N°1 pour moi.

    Donc on va dire classement de la raison, en mode objectif :
    TPAB(20)/GKMC(19)/DAMN(18)/Section 80(17)
    Et mon classement perso :
    GKMC/TPAB/DAMN/Section 80 mais les 3 premiers sont vraiment trop proches.

  • Tony Durden

    Belle Chronique pour un très bon skeud.
    Perso je suis dingue de Pride. Je trouve la prod Ouf.
    Je trouve ce qu’il ressort des divers commentaires que j’ai pu lire c’est que tout le monde à une track favorite différente.
    Le plus gros problème de cet album c’est qu’il passe après TPAB, et sa teinte musicale si particulière.
    Damn est beaucoup plus dans la continuité des GKMC et Section 80.
    Bravo Kendrick, qui une nouvelle fois arrive à surprendre par sa direction artistique.
    On aurait tous été déçu si il avait tenté de faire un TPAB Part II.

  • kemo

    Bravo pour cette superbe chronique! Moi je suis un peu plus mitigé sur ce DAMN que je trouve presque quelconque… Une ligne beaucoup trop mainstream, j’ai plusieurs fois eu le sensation d’écouter une copie de Drake. C’est flagrant sur ELEMENT ( I do it for comptooon…) Après la prise de risque (réussie) musicalement de TPAB c’est décevant je trouve. Je ne l’écoute presque plus et je zappe pas mal de chansons quand je me le fait. Sur ce même laps de temps je continuais à découvrir et décrypter TPAB, et c’est plus ce que j’attends d’un artiste du calibre de K. Enfin bon pour moi clairement son pire projet…
    Pour moi:
    1-Section 😯 car c’est pour moi la découverte d’un gd artiste
    2-TPAB (Untitled,Unmastered) pour la prise de risque artistique et le contre pied total à ce qu’il se fait à ce moment là. Musicalement très très fort!
    3-GKMC un très bon album avec des morceaux classics, d’autres plus décevants (poetic justice, dre pas au top…)
    4-Damn qu’on oubliera vite vous verrez